Nous continuons notre exploration des lois du pouvoir identifiés par Robert Greene dans son livre power.
Aujourd’hui, la loi est : « dissimulez vos intentions »
Un exemple historique
Robert Greene cite, en exemple du respect de la loi, le cas d’Otto von Bismarck.
En 1850, Bismarck rêvait d’unifier l’Allemagne et il savait que cela passerait par un conflit avec l’Autriche. Le parlement était prêt à le suivre sur la voie de la guerre mais le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, était hostile à ce conflit.
Bismarck fit alors un discours étonnant au parlement, au lieu de pousser à la guerre, il loua la paix : « Malheur à l’homme d’Etat, dit-il, qui fait la guerre sans une raison qui restera valable une fois la guerre finie ! ». Les députés restèrent perplexes devant ce volte-face déroutant.
Cependant, le roi reconnaissant le fit ministre de la Prusse à 35 ans. Quelques années plus tard, il devait devenir chancelier et mener à bien l’unification de l’Allemagne et la guerre contre l’Autriche.
De l’utilité de la dissimulation en politique
En politique, pour Robert Greene, les gens qui se lisent à livre ouvert ont peu de chance de conquérir le pouvoir. Robert Greene nous dit : « la franchise, en politique, est une lame émoussée qui fait saigner plus qu’elle coupe ».
En étant trop prévisible ou familier, il est impossible de se faire respecter. C’est pourquoi, pour Robert Greene, l’art de la dissimulation est au cœur de la conquête du pouvoir. Il insiste en prônant aux politiques la fausse sincérité, en cultivant un air d’honnête.
Les écrans de fumées
Robert Green invite les ambitieux à mettre en place des écrans de fumées pour cacher leur véritable but. Ainsi, de Sélassié en Ethiopie qui pour vaincre son adversaire le convie à un banquet pour faire sa louange et en profiter pour attaquer son camp par surprise au même moment.
Celui qui veut le pouvoir doit utiliser la faiblesse qui veut que l’on prenne les apparences pour la réalité. Certains ambitieux cacheront ainsi leurs volontés sous une apparence morne et anodine à l’image de la toison du mouton que le renard met sur son dos pour rentrer dans le poulailler sans attirer la méfiance des poules
Robert Greene conclue par cette devise latine « Mundus vult decipi, ergo decipiatur « (le monde veut être dupe, qu’il le soit !).
vendredi 4 novembre 2011
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