jeudi 27 octobre 2011

Pourquoi l’Europe est-elle en crise permanente ?

A l’heure où les Chefs d’Etat et de gouvernements ont abouti à un règlement provisoire de la crise financière qui s’est abattue sur l’Europe, il est peut-être utile de retracer les racines qui font de l’Europe, un territoire en crise permanente.

L’Europe des succès

L’Europe a bénéficié d’un ensemble de chances incroyables qui ont fondé son ADN. La religion chrétienne devenue dominante sous Rome lui à offert la capacité de séparer le politique du théologique et avec plus de difficultés le scientifique, du religieux. Nul autre continent ou religion n’a offert un tel espace de liberté à l’individu.

Libéré du dogme, l’européen a pu mettre en son centre la connaissance, la discussion, l’apprentissage par l’erreur et fonder notre univers techno-scientifique. Les lumières ont apporté la liberté face au despotisme et ouvert la voie à un système totalement nouveau, la démocratie. La démocratie qui offre la seule forme de légitimité irréprochable comme nous le montre aujourd’hui la chute des dictatures fondées sur la violence.

L’Europe des excès

Est-il possible de dire qu’aujourd’hui le paradigme dominant a changé, ce qui expliquerait la crise européenne permanente depuis plus d’un siècle. J’ai pu dire par ailleurs que l’Europe avait été victime de son succès puisque son modèle tant politique, qu’économique se répand partout dans le monde. Ses créatures deviennent peu à peu ses nouveaux maîtres.

Deux options s’ouvrent pour demain : la mondialisation de type européenne s’étend partout et vient concurrencer le modèle original, victime du déclin de ses valeurs et de son nihilisme. Ou alors, les nouvelles cultures dominantes de demain, en particulier Chine et Inde, apportent une nouvelle synthèse entre le modèle européen techno-scientifique et leur culture millénaire (hindouisme, confucianisme, taoïsme, bouddhisme). Ce nouveau paradigme n’est pas encore sensible aujourd’hui mais il pourrait demain transformer notre façon de voir le monde.

L’Europe rachetée ?

Le modèle techno-scientifique européen touche à ses limites comme j’ai pu également le souligner par ailleurs. Il est totalement dépourvu de sens, n’est plus qu’une « volonté de la volonté » et ressemble à la souris qui court sur son échelle de peur de tomber.

L’Europe ne peut plus compter sur ses seules forces pour se régénérer, son cycle s’achève et d’autres vont bientôt écrire l’histoire. L’Europe est-elle à vendre ? La question ne se pose pas encore en ses termes mais l’histoire avance et par l’une de ses ruses, elle pourrait encore nous surprendre.

L’Europe peut se racheter si elle développe cette synthèse entre le monde techno-scientifique dans lequel nous baignons quotidiennement et un nouveau paradigme de type spirituel, un paradigme qui parle à l’être tant qu’être. En est-elle encore capable ? Tout se jouera demain sur cette capacité à retrouver ou redonner une direction et un sens au système devenu un peu fou du projet européen de libération de l’individu.

A suivre…

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