Qu’est ce qui distingue l’Europe d’autres régions du monde ? Très certainement un système de valeurs héritées de l’Antiquité grecque et romaine, du christianisme, de la renaissance et des lumières. Que sont ces valeurs ? Elles donnent principalement à l’individu des droits face aux collectivités et en particulier à l’Etat. L’individualisme est à la base du projet européen comme j’ai pu l’évoquer sur ce blog.
La liberté de la presse est au cœur de ce système de valeurs en définissant les droits des individus à être informés le plus objectivement possible. Elle vise à défendre la presse face aux pressions tant politiques qu’économiques afin de remplir au mieux cette mission d’information objective. Cette liberté est récente, héritée des lumières et de l’Encyclopédie. Elle ne fut vraiment reconnue qu’à la fin du XIXème siècle et pas partout en Europe en particulier pas dans les Empires de l’Est de l’époque.
L’Europe manque de politique, c’est une banalité de le dire. Elle est très souvent limitée à la technique afin de se protéger. Le résultat est contraire puisque les citoyens européens se désintéressent d’elle. Qui comprend les enjeux et discussions de Bruxelles à part le petit Cercle des initiés…
La question de la liberté de la presse offre une possibilité à l’Europe de démontrer sa capacité à défendre ses valeurs en son sein même. Il est réjouissant que la Commission n’hésite pas à se saisir du sujet face au pays de la Présidence du Conseil. Déjà dans l’affaire des Roms, la Commission avait montré sa capacité à réagir face à une possible atteinte aux droits de l’homme en Europe.
La défense des valeurs et des droits fondamentaux offre une occasion unique pour l’Europe de démontrer sa capacité à faire de la politique et à défendre les citoyens européens face aux atteintes à ces droits portés par leurs propres Etats. C’est une garantie nouvelle et fondamentale à côté des procédures juridiques de la Cour européenne des droits de l’homme. Il faut nous en réjouir.
Nous verrons dans l’avenir comment l’Europe trouve sa place dans les grands débats qui agitent notre société où elle est encore trop souvent absente. Et qui sait, l’Europe retrouvera peut-être une fibre plus sociale répondant ainsi à la demande de nombreux citoyens face à la crise persistante.
Il est temps d’offrir un peu de souffle à cette Europe qui nous a motivé à travailler pour elle sans répondre depuis quelque temps à nos attentes. L’espoir est a nouveau permis…
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