mercredi 3 mars 2010

Loi numéro 2 du pouvoir : ne vous fiez pas à vos amis, utilisez vos ennemis

Nous continuons notre exploration des lois du pouvoir identifiées par Robert Greene dans son livre "power".

Aujourd’hui, la loi est : « ne vous fiez pas à vos amis, utilisez vos ennemis »

Un exemple historique

Robert Greene cite, en exemple d’une violation de la loi, le cas de l’empereur byzantin Michel III.

A la recherche d’une personne loyale pour l’aider à gouverner, il préféra choisir son palefrenier, devenu son ami, Basile au lieu de son oncle expérimenté Bardas.

Fort du soutien de l’empereur, Basile fit assassiner Bardas et il prit ainsi la tête de l’armée. Basile devint aussi très riche grâce aux dons de Michel.

Quand Michel se rendit compte qu’il avait trop gâté son ami, il était trop tard. Basile assassina Michel et devint empereur sous le nom de Basile 1er.

Les leçons à tirer : se méfier de ses amis en politique

Les maîtres du pouvoir peuvent souhaiter s’entourer de leurs amis au lieu d’étrangers.

Engager des amis est cependant une façon de limiter son pouvoir et de faire face très vite à l’ingratitude, voir à la rancœur. Le pouvoir recherche plus le talent et la compétence que l’amitié.

Le pouvoir met par définition de la distance entre les hommes et cela est compliqué si les proches sont des amis. Il est difficile de se méfier de ses amis au risque de tomber dans leurs pièges. L’ami le plus fidèle peut devenir en politique un ennemi mortel.

Robert Greene conseille aux hommes de pouvoir de s’entourer d’une partie de leurs anciens ennemis qui seront ainsi souvent leurs plus fidèles soutiens. Au lieu de se venger d’un ennemi, une mansuétude vous permettra d’en faire un allié important.

De l’utilité des ennemis en politique

Robert Greene va plus loin en indiquant qu’il est parfois plus utile en politique d’avoir des ennemis que des amis. En effet, les ennemis maintiennent l’esprit vigilant, ils permettent de coaliser les forces, de créer un antagonisme bien/mal et de bâtir sa réputation.

Robert Greene cite Mao qui, a défaut d’ennemis proclamés, n’hésitait pas à faire d’un ami un ennemi pour mieux le combattre.

La limite de la loi

Pour les basses œuvres, Robert Greene conseille d’avoir quelques bons amis qui seront trop heureux de s’en occuper. Dans d’autres cas, l’ami peut aussi devenir le bouc émissaire désigné afin d’assumer la responsabilité d’une faute.

Des exemples à méditer et si faciles à transposer dans la politique de nos jours…

2 commentaires:

  1. C'est une approche assez paradoxale. Je veux dire, dans le monde des affaires publiques, nous savons tous l'importance d'avoir un excellent réseau professionnel, politique. Ce que certains appellent d'ailleurs le "capital social".

    Le lobbyiste doit-il aussi cultiver des "ennemis" ?

    Je vous invite aussi à visiter mon blog sur les affaires publiques (http://ie-lobbying.net/euromediations/). Certains articles devraient vous intéresser.

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  2. Mon article visait les hommes politiques et non les lobbyistes qui doivent au contraire multiplier les amis potentiels.

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