samedi 6 mars 2010

Les trois âges de l’individualisme (deuxième partie)

L’âge postmoderne

Cet âge qui débute à la fin du XIXéme siècle et surtout au XXéme siècle vient briser le bel édifice moderne.

La réalité vient en effet contredire les idéaux modernes : la science au service du carnage, les guerres mondiales, la raison folle avec le nazisme et le communisme, l’absence d’égalité sociale réelle.

Les philosophes du soupçon (Nietzche, Marx et Freud) fondent le rejet des idéaux modernes.

Ils sont relayés au milieu du XXème siècle par de puissants déconstructeurs de la pensée moderne : Foucault, Bourdieu, Derrida, Deleuze, Althusser…

La notion de contrôle est au centre de leur pensée. La pensée libérale n’a pas libéré l’individu, elle n’a fait que créer l’illusion de cette libération.

Le contrôle est partout présent, bien que souvent masqué, à l’Ecole, à l’usine, au sein de la famille, du couple,… Les micro-pouvoirs abondent qui viennent entraver la liberté de l’individu (des parents sur les enfants, de l’homme sur la femme, de l’instituteur sur l’élève, du patron sur l’ouvrier…).

Le mouvement postmoderne va être vécu comme une volonté de mettre à bas ces contrôles et de permettre ainsi une réelle libération de l’individu.

Le maître mot est l’épanouissement : laissons l’élève trouver sa voie, l’enfant, se développer seul, la femme ne plus dépendre de son mari, mettons en place la démocratie dans l’entreprise…

Mai 68 est sans doute un moment clé de la libération postmoderne : libération sexuelle, anti-mandarins, de libre expression totale.

Les vielles idoles de l’âge moderne sont abattues : la raison laisse sa place à la folie créatrice, la science tombe de son piédestal, l’Etat est le symbole du contrôle et de l’oppression.

Au plan économique, la logique hédoniste s’accorde parfaitement avec l’entrée de l’individu dans l’âge de l’abondance offert par la société de consommation. Les désirs d’avoir sont satisfaits par la croissance et la richesse de la société. La classe moyenne adhère pleinement à cet élan hédoniste en quittant le carcan ancien de la morale bourgeoise.

Enfin, la question de la finalité du monde postmoderne est aussi assez claire : viser le maximum d’épanouissement de l’homme, la réalisation de ses désirs et une jouissance maximale sans entraves.

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