vendredi 5 mars 2010

Les trois âges de l’individualisme (première partie)

L’individualisme est le marqueur de notre société. Soit qu’on le critique au nom de la nostalgie communautaire, soit qu’on l’encense comme synonyme de liberté.

Il est utile de se rappeler que nous vivons dans le troisième âge de l’individualisme dont les spécificités nous aident à mieux comprendre notre société.

Passons en revue ces trois âges de l’individualisme.

L’âge moderne

Le premier âge de l’individualisme que l’on peut situer au XVIIéme/XVIIIéme siècle en Europe est un âge de profonde libération.

Cette époque qui met sa foi dans la science, dans la raison et le progrès humain offre à l’individu la capacité de s’extraire des liens anciens qui l’emprisonnaient : la religion, la communauté villageoise, les liens féodaux…

C’est un mouvement puissant dont les deux piliers sont la liberté, liberté de conscience, politique, économique et l’égalité en droit de tous les hommes quelque soit leur race, religion, genre.

Au plan politique, c’est un mouvement puissamment révolutionnaire qui remet en cause la soumission au roi, au prêtre et à toute autorité qui ne tient pas sa légitimité de la raison.

La science est vue comme libératrice et le progrès sur la nature comme une promesse de bonheur pour le genre humain.

Au plan économique, le libéralisme vient réduire les entraves au commerce, les lois inutiles et en abolissant les corporations permet à chaque individu de vendre son travail où il le souhaite.

Au XIXéme siècle, le socialisme vient parachever ce mouvement de l’égalité formelle du libéralisme en militant pour l’égalité réelle des individus (solidarité, protection sociale, législations sociales, syndicats…).

L’Etat est perçu comme le garant de cette libération de l’individu par la lutte contre les corporations, communautés, religions et par sa promotion des sciences et du progrès économique et social (les deux allants de pair).

Au plan international, les philosophes rêvent de paix universelle lorsque les Etats seront eux-mêmes dominés par la raison mettant fin aux guerres et permettant l’avènement d’un gouvernement mondial, signe de la fin de l’histoire.

Enfin la question de la finalité du monde moderne est assez claire : élever l’homme pour le rendre toujours plus humain grâce au pouvoir de sa raison et des lumières.

A suivre...

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire