La lecture du livre « Power » de Robert Greene constitue le baba de toute personne intéressée par les jeux de l’influence et du pouvoir en particulier les lobbyistes.
Ces règles sont offertes à l’ambitieux sans scrupule mais elles sont aussi le reflet exact de la lutte pour le pouvoir où les règles de morale n’ont plus leur place.
Robert Greene cite Machiavel comme guide de son ouvrage « celui qui veut en tout et partout se montrer homme de bien ne peut manquer de périr au milieu de tant de méchants. Il faut donc qu’un prince qui veut se maintenir apprenne à ne pas être toujours bon, et à en user bien ou mal, selon la nécessité » (Le Prince).
Je vous propose régulièrement de vous présenter une des lois de cet ouvrage.
Commençons par la première loi : « ne surpassez jamais le maître »
Un exemple fameux
Robert Greene cite, en exemple d’une violation de la loi, le cas de Nicolas Fouquet. Nicolas Fouquet était surintendant des finances au début du règne de Louis XIV. Afin de s’assurer les bonnes grâces du Roi et devenir son premier conseiller, il organisa une fête somptueuse dans son château de Vaux-Le-Vicomte.
Comme Voltaire devait le dire : « Le 17 août, à 6 heures, Fouquet était roi de France, à 2 heures du matin, il n’était plus rien » (Le Siècle de Louis XIV).
En effet, le Roi fut très fâché devant une telle somptuosité qui surpassait ses propres moyens. Fouquet fut donc arrêté, ses biens confisqués et il mourut pauvre et seul en prison. C’est le terne Jean-Baptiste Colbert qui devait succéder à Fouquet.
Les leçons à tirer
Les maîtres du pouvoir, quelque soient leur force, leur gloire et leur puissance, peuvent éprouver la fragilité de leur prestige.
Celui qui souhaite parvenir au sommet du pouvoir, grâce à l’aide de plus puissants que lui, doit donc impérativement se faire plus discret qu’au naturel. S’il est plus brillant que son maître, il risque en effet involontairement de porter de l’ombre à celui-ci. S’il se croit le préféré de son maître, il peut se croire intouchable et oser surpasser son bienfaiteur.
La sanction sera alors rapide et le maître se débarrassera de l’ambitieux à l’instar de ce qui advint à Fouquet.
Les conseils aux ambitieux
Pour ne jamais surpasser son maître, il faut paraître moins intelligent, jouer les naïfs, commettre de petites fautes, solliciter aide et conseil de son maître. Si vos idées sont plus créatives, attribuez-les-lui et si possible en public. Soyez moins sociable et charismatique que votre maître pour ne pas ternir son soleil et encourir sa disgrâce…
Les limites du conseil
Si votre maître est une étoile moribonde, alors ne craignez plus de lui faire de l’ombre. S’il est faible, hâtez discrètement sa chute et n’hésitez pas à vous montrer plus brillant et plus compétent pour enfin occuper sa place. Il ne faut pas se montrer clément face à celui qui n’eut aucun scrupule dans son ascension vers les sommets.
Est-ce que la vie de cour a changé depuis Louis XIV, pas si sûr, avis aux ambitieux…
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Conseil intéressant dans la vie de tous les jours, je pense particulièrement à son supérieur hiérarchique. Mais, qu'en est-il concrètement au niveau du travail d'un lobbyiste ?
RépondreSupprimerMerci pour ce commentaire. Le lobbyiste n'est pas toujours l'angle d'attaque des mes articles comme vous le verrez sans-doute. Je pense que ces lois aident cependant à comprendre le milieu politique et par ricochet le lobbyiste dans son travail avec ce milieu. A suivre avec les autres lois...
RépondreSupprimerEn effet, de manière générale, les auteurs de la Renaissance prodiguent des conseils particulièrement intéressants dans la vie de tous les jours (et au sein de l'activité des affaires publiques). Au-delà de la pensée de Machiavel, il y aurait également La Rochefoucauld et bien d'autres ! J'attends avec intérêt vos prochains articles.
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