Prenons l’exemple de la lutte contre le changement climatique et recherchons les fondements de l’action politique dans ce domaine. Nous trouverons ainsi les fondements des actions de lobbying.
La vérité comme fondement.
De très nombreuses études scientifiques affirment que le réchauffement climatique est une réalité. Nous sommes dans ce domaine très proche d’une vérité scientifique et seule une toute petite minorité d’experts nie cette réalité.
Il est assez peu fréquent pour le politique de pouvoir se reposer sur de telles bases scientifiques pour prendre une décision. Les connaissances scientifiques sont souvent plus lacunaires, contrastées, interprétables et n’offrent pas une telle solidité.
Et bien, même dans le cas où le politique peut agir sur le fondement d’une vérité quasi-scientifique, il n’y pas d’action politique commune comme l'a démontré l'échec de Copenhague au plan mondial.
Qu’est-ce à dire ? Et bien, tout simplement que les décisions politiques ne sont pas fondées sur la vérité, serait-elle scientifique, sociologique, économique…
C’est rassurant d’une certaine façon car il suffirait alors de réunir les bons comités d’experts pour avoir les bonnes décisions politiques. L’expérience nous démontre tous les jours l’inexactitude d’une telle position.
Les valeurs comme fondement.
Si la vérité ne suffit pas, alors les valeurs doivent nous aider à trouver ce fondement de l’action politique.
Prenons notre exemple, sauver l’espèce humaine, les territoires, sans parler des animaux, nous semble être une valeur primordiale, celle de la vie sur Terre. Difficile d’être contre une telle valeur, sauf à être purement et simplement suicidaire. Et pourtant…
Je prendrai un autre exemple, l’abolition de l’esclavage. L’égale valeur donnée aux hommes nous semble une idée tellement évidente (déjà présente dans les évangiles). Et pourtant, il faudra attendre le dix-neuvième siècle pour voir l’esclavage aboli en France.
Beaucoup d’autres valeurs plus relatives fondent le combat politique : solidarité, égalité, libre concurrence, mais elles ne permettent pas non plus de comprendre la réalité politique.
Il faut bien en conclure à regret que ce ne sont pas les valeurs qui fondent l’action politique. L’échec de Copenhague vient encore nous le démontrer.
Les rapports de force, comme fondement ultime.
Pourquoi a-t-on échoué à Copenhague ? En grand partie parce que le rapport de forces mondial n’était pas favorable à la lutte globale contre le réchauffement climatique. Pourquoi l’esclavage n’a pas été aboli plus tôt en France ? Parce que le rapport de forces n’était pas non plus favorable. L’esclavage était utile jusqu’à ce que la vapeur le rende inutile et alors le rapport de forces s’est inversé et les valeurs ont pu s’exprimer à plein.
Ainsi, faut-il se rendre au constat un peu triste mais tellement réaliste qu’en politique, seul le rapport des forces compte pour fonder une décision. D’où l’importance de la recherche des alliances, des trahisons, des compromis (ssions) dans la sphère politique.
Vouloir juger ou même analyser la réussite ou l'échec de ces actions sous l’angle de la vérité ou des valeurs, c’est faire preuve d’angélisme ou de naïveté.
Il s’ensuit que les actions de lobbying peuvent viser la vérité, défendre des valeurs mais qu’au final elles gagneront ou perdront sur la base des seuls rapports de forces, à un moment donné.
Mais, attention au contresens, si la victoire d’une cause politique repose sur les rapports de forces, toutes les causes n’ont pas pour autant la même valeur (je renvoie à mon article sur le lobbyiste nihiliste). L’engagement politique y retrouve toute sa valeur, mais un engagement lucide ! La résistance contre un ordre politique injuste se justifie aussi, y compris si le rapport des forces politiques conduit à son échec. C'est l'éthique de chacun qui fonde alors ce combat, un combat parfois sans espoir mais juste...
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« Ainsi, faut-il se rendre au constat un peu triste mais tellement réaliste qu’en politique, seul le rapport des forces compte pour fonder une décision. D’où l’importance de la recherche des alliances, des trahisons, des compromis (ssions) dans la sphère politique » dites-vous !
RépondreSupprimerAu delà de la théorie du rapport de forces, … si évident !, le vrai problème n’est-il pas l’esprit moutonnier des citoyens et leur lâcheté ? …, leur adhésion à l’égocentrisme comme règle fondamentale ?
Si le rapport de forces est si évident, approuvez-vous le risque des déclarations vérités exceptionnelles telle celle de la révolte d’une jeune gendarme devant l’abominable dont elle est témoin. (http://infos.fncv.com/post/2009/04/17/Cyber-gendarmes-contre-cyber-predateurs-pedophiles)
Vous qui parlez d’évidence climatique dangereuse, à la lecture du lien suivant : que faites-vous de la désinformation qui reste le meilleur moyen d’opprimer l’Humain et de l’objétiser ?
Vous qui parlez de « L’égale valeur donnée aux hommes nous semble une idée tellement évidente (déjà présente dans les évangiles). Et pourtant, il faudra attendre le dix-neuvième siècle pour voir l’esclavage aboli en France » êtes-vous aveugle ou complice après les propos de cette gendarme ?…, et pourquoi laisser entendre que l’esclavage est aboli alors qu’existe ce super esclavage qui s’achève en objétisation parfaite. Faut-il changer le nom de « crime » en « faits divers » ?
Pour être concret, et vous, que faites-vous de concret devant cela ?
Merci pour ce commentaire.
RépondreSupprimerje n'ai pas d'opinion à formuler.