vendredi 4 novembre 2011

Loi numéro 3 du pouvoir : dissimulez vos intentions

Nous continuons notre exploration des lois du pouvoir identifiés par Robert Greene dans son livre power.

Aujourd’hui, la loi est : « dissimulez vos intentions »

Un exemple historique

Robert Greene cite, en exemple du respect de la loi, le cas d’Otto von Bismarck.

En 1850, Bismarck rêvait d’unifier l’Allemagne et il savait que cela passerait par un conflit avec l’Autriche. Le parlement était prêt à le suivre sur la voie de la guerre mais le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, était hostile à ce conflit.

Bismarck fit alors un discours étonnant au parlement, au lieu de pousser à la guerre, il loua la paix : « Malheur à l’homme d’Etat, dit-il, qui fait la guerre sans une raison qui restera valable une fois la guerre finie ! ». Les députés restèrent perplexes devant ce volte-face déroutant.

Cependant, le roi reconnaissant le fit ministre de la Prusse à 35 ans. Quelques années plus tard, il devait devenir chancelier et mener à bien l’unification de l’Allemagne et la guerre contre l’Autriche.

De l’utilité de la dissimulation en politique

En politique, pour Robert Greene, les gens qui se lisent à livre ouvert ont peu de chance de conquérir le pouvoir. Robert Greene nous dit : « la franchise, en politique, est une lame émoussée qui fait saigner plus qu’elle coupe ».

En étant trop prévisible ou familier, il est impossible de se faire respecter. C’est pourquoi, pour Robert Greene, l’art de la dissimulation est au cœur de la conquête du pouvoir. Il insiste en prônant aux politiques la fausse sincérité, en cultivant un air d’honnête.

Les écrans de fumées

Robert Green invite les ambitieux à mettre en place des écrans de fumées pour cacher leur véritable but. Ainsi, de Sélassié en Ethiopie qui pour vaincre son adversaire le convie à un banquet pour faire sa louange et en profiter pour attaquer son camp par surprise au même moment.

Celui qui veut le pouvoir doit utiliser la faiblesse qui veut que l’on prenne les apparences pour la réalité. Certains ambitieux cacheront ainsi leurs volontés sous une apparence morne et anodine à l’image de la toison du mouton que le renard met sur son dos pour rentrer dans le poulailler sans attirer la méfiance des poules

Robert Greene conclue par cette devise latine « Mundus vult decipi, ergo decipiatur « (le monde veut être dupe, qu’il le soit !).

jeudi 27 octobre 2011

Pourquoi l’Europe est-elle en crise permanente ?

A l’heure où les Chefs d’Etat et de gouvernements ont abouti à un règlement provisoire de la crise financière qui s’est abattue sur l’Europe, il est peut-être utile de retracer les racines qui font de l’Europe, un territoire en crise permanente.

L’Europe des succès

L’Europe a bénéficié d’un ensemble de chances incroyables qui ont fondé son ADN. La religion chrétienne devenue dominante sous Rome lui à offert la capacité de séparer le politique du théologique et avec plus de difficultés le scientifique, du religieux. Nul autre continent ou religion n’a offert un tel espace de liberté à l’individu.

Libéré du dogme, l’européen a pu mettre en son centre la connaissance, la discussion, l’apprentissage par l’erreur et fonder notre univers techno-scientifique. Les lumières ont apporté la liberté face au despotisme et ouvert la voie à un système totalement nouveau, la démocratie. La démocratie qui offre la seule forme de légitimité irréprochable comme nous le montre aujourd’hui la chute des dictatures fondées sur la violence.

L’Europe des excès

Est-il possible de dire qu’aujourd’hui le paradigme dominant a changé, ce qui expliquerait la crise européenne permanente depuis plus d’un siècle. J’ai pu dire par ailleurs que l’Europe avait été victime de son succès puisque son modèle tant politique, qu’économique se répand partout dans le monde. Ses créatures deviennent peu à peu ses nouveaux maîtres.

Deux options s’ouvrent pour demain : la mondialisation de type européenne s’étend partout et vient concurrencer le modèle original, victime du déclin de ses valeurs et de son nihilisme. Ou alors, les nouvelles cultures dominantes de demain, en particulier Chine et Inde, apportent une nouvelle synthèse entre le modèle européen techno-scientifique et leur culture millénaire (hindouisme, confucianisme, taoïsme, bouddhisme). Ce nouveau paradigme n’est pas encore sensible aujourd’hui mais il pourrait demain transformer notre façon de voir le monde.

L’Europe rachetée ?

Le modèle techno-scientifique européen touche à ses limites comme j’ai pu également le souligner par ailleurs. Il est totalement dépourvu de sens, n’est plus qu’une « volonté de la volonté » et ressemble à la souris qui court sur son échelle de peur de tomber.

L’Europe ne peut plus compter sur ses seules forces pour se régénérer, son cycle s’achève et d’autres vont bientôt écrire l’histoire. L’Europe est-elle à vendre ? La question ne se pose pas encore en ses termes mais l’histoire avance et par l’une de ses ruses, elle pourrait encore nous surprendre.

L’Europe peut se racheter si elle développe cette synthèse entre le monde techno-scientifique dans lequel nous baignons quotidiennement et un nouveau paradigme de type spirituel, un paradigme qui parle à l’être tant qu’être. En est-elle encore capable ? Tout se jouera demain sur cette capacité à retrouver ou redonner une direction et un sens au système devenu un peu fou du projet européen de libération de l’individu.

A suivre…

mardi 25 janvier 2011

If

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard KIPLING

lundi 24 janvier 2011

La fin des dictatures ?

Ce qui se passe en Tunisie est édifiant. Le peuple a pris le pouvoir et un dictateur a du fuir son pays. Les Occidentaux ne savent pas s’ils doivent se réjouir de ce vent démocratique ou craindre le pire avec l’arrivée d’un régime islamiste.

Une première question que l’on peut se poser est de savoir si la démocratie est soluble dans les pays arabes. En effet, un tel régime de droits et de primauté des individus n’a jamais vu le jour dans ces pays. La démocratie semble bien être un « produit » de l’Occident né de la séparation de Dieu et César, de l’humanisme et des lumières. L’Islam qui raisonne en termes de communautés qui priment sur l’individu, de primauté de la foi sur la science semble mal adapté à un tel régime. Les mouvements philosophiques musulmans des lumières n’ont jamais réussi à prendre une place majeure, ce qui a éteint les vrais progrès scientifiques du Moyen-âge arabe.

Est-ce que la donne a changé aujourd’hui ? Oui, et c’est dû en grande partie à l’occidentalisation de ces pays via la consommation de masse, les télévisions et bien sûr Internet. Les jeunesses de ces pays, majoritaires en nombre, ressemblent de plus en plus aux jeunes européens. Ils ont aussi soifs d’individualisme et de réussite personnelle et ils aspirent à vivre décemment dans une plus grande modernité.

Il y a donc un réel espoir que ces mouvements aboutissement à un mouvement de démocratisation semblable à celui connu par l’Amérique latine, puis l’Europe de l’Est. Ce serait la première fois qu’un tel mouvement se développe en dehors des franges nées de l’Occident.

Il est donc nécessaire de ne pas faire preuve de frilosité et d’encourager ces mouvements partout dans le monde arable où ils prendront naissance. L’Histoire ne s’est pas arrêtée, elle est toujours en marche et nous ne devons pas rater ce mouvement.

Et si c’est un échec… C’est le risque de la non maturité de ces pays à la démocratie et le retour à la confiscation du pouvoir par un petit nombre de personnes, voir par un parti religieux. Nous pouvons espérer que le mouvement en marche est assez fort pour contrebalancer de tels risques de retour en arrière.

L’espoir semble se lever dans cet Orient que l’on disait immobile et rétif à nos grands concepts (démocratie, droits de l’homme…). C’est une grande chance de vivre un tel moment, soyons donc solidaire des peuples en marche vers leur liberté !

jeudi 13 janvier 2011

Liberté de la presse : enfin un peu de politique en Europe…

Qu’est ce qui distingue l’Europe d’autres régions du monde ? Très certainement un système de valeurs héritées de l’Antiquité grecque et romaine, du christianisme, de la renaissance et des lumières. Que sont ces valeurs ? Elles donnent principalement à l’individu des droits face aux collectivités et en particulier à l’Etat. L’individualisme est à la base du projet européen comme j’ai pu l’évoquer sur ce blog.

La liberté de la presse est au cœur de ce système de valeurs en définissant les droits des individus à être informés le plus objectivement possible. Elle vise à défendre la presse face aux pressions tant politiques qu’économiques afin de remplir au mieux cette mission d’information objective. Cette liberté est récente, héritée des lumières et de l’Encyclopédie. Elle ne fut vraiment reconnue qu’à la fin du XIXème siècle et pas partout en Europe en particulier pas dans les Empires de l’Est de l’époque.

L’Europe manque de politique, c’est une banalité de le dire. Elle est très souvent limitée à la technique afin de se protéger. Le résultat est contraire puisque les citoyens européens se désintéressent d’elle. Qui comprend les enjeux et discussions de Bruxelles à part le petit Cercle des initiés…

La question de la liberté de la presse offre une possibilité à l’Europe de démontrer sa capacité à défendre ses valeurs en son sein même. Il est réjouissant que la Commission n’hésite pas à se saisir du sujet face au pays de la Présidence du Conseil. Déjà dans l’affaire des Roms, la Commission avait montré sa capacité à réagir face à une possible atteinte aux droits de l’homme en Europe.

La défense des valeurs et des droits fondamentaux offre une occasion unique pour l’Europe de démontrer sa capacité à faire de la politique et à défendre les citoyens européens face aux atteintes à ces droits portés par leurs propres Etats. C’est une garantie nouvelle et fondamentale à côté des procédures juridiques de la Cour européenne des droits de l’homme. Il faut nous en réjouir.

Nous verrons dans l’avenir comment l’Europe trouve sa place dans les grands débats qui agitent notre société où elle est encore trop souvent absente. Et qui sait, l’Europe retrouvera peut-être une fibre plus sociale répondant ainsi à la demande de nombreux citoyens face à la crise persistante.

Il est temps d’offrir un peu de souffle à cette Europe qui nous a motivé à travailler pour elle sans répondre depuis quelque temps à nos attentes. L’espoir est a nouveau permis…

jeudi 8 juillet 2010

Europe et démocratie : un désenchantement partagé

L’Europe et la démocratie souffrent des mêmes maux. A savoir qu’elles font parties du paysage mais sont victimes du même désenchantement.

A force de vivre en paix, de jouir de droits importants, chacun fini par oublier le côté exceptionnel de cette situation dans le monde.

Il est plus facile de critiquer le manque de souffle, d’idées nouvelles, d’alternatives flamboyantes de l’Europe et de la démocratie que de se mobiliser pour leur défense.

Le désenchantement démocratique

Mon analyse s’inspire des réflexions très profondes de Marcel Gauchet sur la démocratie.

La crise de la démocratie et c’est vrai aussi pour l’Europe est la conséquence d’un oubli par l’individu du système qui lui procure les droits dont il jouit.

L’individu ne comprend pas pourquoi les institutions sont utiles et il les perçoit comme des freins à son plein épanouissement. Ces institutions sont tour à tour l’école, l’Etat ou la famille,… La légitimité de leur pouvoir de commandement est remise en cause, faute de fondement bien établi.

Comme l’explique Marcel Gauchet, dans les sociétés fondées sur la religion, c’est le lien entre l’autorité et le ou les Dieux qui vient légitimer de l’extérieur cette autorité.

La démocratie a rompu ce lien entre pouvoir et religion en donnant le pouvoir aux personnes élues par l’ensemble des citoyens. La légitimité des dirigeants se trouve donc à l’intérieur même du système.

C’est le passage d’un système hétéronome à un système autonome. Ce passage a eu lieu en occident lorsque la séparation entre le divin et l’humain s’est établie solidement. Le Christianisme a permis cette séparation en distinguant l’ici-bas et l’au-delà. L’Eglise a souhaité régenté l’ici-bas mais les pouvoirs temporels ne l’ont pas laissé faire.

Cette séparation que l’on ne trouve pas dans de nombreuses civilisations anciennes ou modernes est une clé de compréhension de l’occident.

Ce processus d’autonomie ne s’est pas limité à la religion mais s’est étendu à la notion de droits naturels des individus face à l’Etat que l’on retrouve dans les déclarations des droits de l’homme et du citoyen.

L’individualisme contemporain est donc le fruit d’un long processus historique inhérent à la civilisation occidentale.

Aujourd’hui cet individualisme abouti à l’idée que chacun peut vivre et se développer sans le secours d’aucune institution, religion, Etat, famille… Il abouti au fameux désenchantement pour la démocratie et aussi pour l’Europe.

Où allons-nous ?

La question est de savoir si un tel processus peut connaître une inflexion ou au contraire s’approfondir.

Lorsque tout va bien, le processus d’autonomie se développe sans frein et l’individu se retire sur la sphère privée.

En temps de crise comme aujourd’hui, le processus d’autonomie peut être freiné par la peur des individus face à l’avenir. Le paradoxe est que l’affaiblissement du processus d’autonomie ne se fera pas au profit de la démocratie ou de l’Europe mais au contraire de mouvements radicaux prônant un retour en arrière illusoire.

Face à l’individualisme que nous connaissons, les alternatives nées de la crise seront incompatibles avec la tradition des droits de l’homme remettant en cause nos principes d’égalité et de liberté.

L’obscurantisme, le racisme, les fanatismes ne demandent qu’à renaitre en profitant du malaise des personnes.

Nous passerions alors du désenchantement démocratique à une forme de ré-enchantement, certes porteur d’un nouveau sens, mais terriblement rétrograde par rapport aux valeurs portées par l'occident.

Nous devons rester vigilant en n’oubliant pas que démocratie et Europe sont des créations humaines, donc fragiles et mortelles…

lundi 14 juin 2010

La crise, quelle crise ?

La crise économique et sociale que nous vivons aujourd’hui peut-elle demain se transformer en crise politique ?

En d’autres termes, est-ce que le consensus autour des valeurs de la démocratie peut-il voler en éclats ?

Au plan européen, la crainte existe si l’on en croit un article du 14 juin d’EU observer que je cite en anglais : « The chief of Europe's trade union chiefs, John Monks, has warned that the austerity packages being imposed across the bloc will send the continent "back to the 1930s." He reported that European Commission President Jose Manuel Barroso also fears member states will turn their back on democracy - but for the opposite reason.” http://euobserver.com/9/30271/?rk=1

Prenons un peu de recul sur cette crise et ses menaces.

L’Occident, victime de son succès

D’un point de vue philosophique, la crise qui secoue l’Europe et plus généralement l’occident est ancienne. Elle a été diagnostiquée par des philosophes comme Nietzche ou Heidegger en leur temps.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de l’aboutissement d’un processus engagé au XVIIéme siècle et visant à faire de l’homme européen le maître de la nature par le moyen des sciences et des techniques. Descartes a posé les fondements de cet esprit libéré de la tradition, Kant plus tard a fondé la raison sans le recours à Dieu et Galilée et Newton ont développé le savoir scientifique à des niveaux jamais atteints auparavant. L’Europe a alors littéralement décollé par rapport aux autres continents qu’elle a fini par dominer.

Pour Heidegger, en mettant l’accent sur la science et la technique, sur le mode « faire », l’Europe a oublié l’Etre au risque de plonger dans le nihilisme. Cet "oubli de l’Etre" a commencé avec la métaphysique, les fameux arrières mondes de la caverne de Platon ou l’au-delà promis par la religion chrétienne. Cette forme de métaphysique s’est poursuivie avec le rêve communisme d’une société sans classe et sans domination.

Aujourd’hui, c’est l’époque de « l’oubli de l’oubli de l'Etre», c'est-à-dire que la question de l’Etre n’est même plus posée ; il faut seulement que le système technico-scientifique fonctionne sans trop de ratés ; la question des fins est absente.

Il s’agit d’un système basé sur la seule « volonté de la volonté », la production répond à la production, la richesse à la richesse. Nul progrès n’est visé, ni bonheur de l’humanité au sens des lumières, ni cité idéale au sens chrétien ou communiste.

Pour continuer de fonctionner, ce « procès sans sujet » doit s’étendre indéfiniment, produire toujours plus et moins cher, innover en permanence, normaliser, standardiser et conquérir de nouveaux marchés.

L’eldorado de ce mouvement n’est plus en Occident mais dans les nouveaux territoires à conquérir Inde, Chine ou Brésil. Le paradoxe du succès de l’Occident est sa conquête progressive de civilisations qui maintenaient une présence à l’Etre via le bouddhisme ou l’hindouisme. L’Occident importe son oubli de l’Etre dans le monde entier et plonge ainsi dans un double nihilisme.

Le premier nihilisme, déjà vu, c’est l’absence de sens de la production technique. Au final, « tout se vaut et rien ne vaut ». La crise financière dans sa grande absurdité profonde, dans l’aveuglement de ses acteurs est le symptôme parfait de ce nihilisme. La crise budgétaire qui suit semble fondée sur la même logique mortifère.

Le deuxième nihilisme, c’est justement ce mouvement vers de nouveaux territoires au risque d’obérer son propre développement jusqu’au jour où les nouvelles puissances produiront et consommeront seules. En s’étendant à l’infini, l’Occident aurait signé sa propre fin.

La démocratie est-elle soluble dans le nihilisme ?

Alors, est-ce que la crise économique peut déboucher sur une crise politique ? L’avenir nous dira si le nihilisme ne débouche pas sur un nouveau discours de la radicalité.

En effet, si le système économique ne répond plus aux attentes du citoyen-consommateur, si la consolation matérielle se raréfie; alors l’absence de sens ou nihilisme peut faire des ravages. Ravages qui peuvent laisser la place à un discours radical d’un nouveau type métaphysique, ouvrant des perspectives, un nouveau sens, de nouveau arrières-mondes et cités idéales, empli d’espoir, de bruit, de fureur et de haine.

Tout est alors possible, à nouveau possible…